Yanjing, ville de sel dans la région tibétaine Kham du Sichuan
Yanjing se situe dans une vallée du district de Markam, à la frontière des provinces du Sichuan et du Yunnan. Les fleuves Jinsha, Nujiang et Lancang coulent dans la région, et la chaîne des monts Hengduan la traverse du sud au nord. Yanjing était la première halte sur la route antique du thé et des chevaux allant du sud-ouest du Yunnan jusqu'au Tibet.
La population de Yanjing est à grande majorité tibétaine, mais elle inclut également des Han et des Naxi. Les Naxi de Yanjing parlent et écrivent le tibétain et vivent à la manière tibétaine, mais ils respectent toujours leurs anciens rituels de culte des ancêtres et suivent d'autres traditions culturelles.
L'exploitation des mines de sel a toujours constitué l'industrie principale de Yanjing. Il n'y a aucun document écrit rapportant à quel moment l'exploitation des mines de sel et le commerce du sel y ont commencé, mais la célèbre épopée tibétaine Roi Gesar fait mention de guerres dans le secteur résultant de différends sur les ressources en sel. Ce sont les longues heures d'ensoleillement et les riches ressources éoliennes qui ont donné naissance à la méthode naturelle de séchage du sel par le vent. Les paysans vont d'abord tirer l'eau des puits de sel près du fleuve Lancang et la transportent vers leur maison dans des barils en bois. Ils la versent alors dans des étangs d'eau salée qui se trouvent dans leur cour. Après avoir laissé la saumure se concentrer, ils la déversent alors dans un champ où l'eau s'évapore sous le chaud soleil en laissant le résidu du sel.
Le sel blanc est celui de la meilleure qualité et est employé en cuisine comme assaisonnement, alors que le sel rouge foncé produit de cette façon est utilisé pour faire le thé ou pour nourrir le bétail. Autrefois, les résidants de Yanjing apportaient le sel dans les villes du Yunnan et du Sichuan et le troquaient contre des outils de production et des articles d'usage courant.
La méthode traditionnelle de séchage par le vent est encore utilisée à Yanjing. On trouve maintenant plus de 300 sauniers dans trois villes du district de Markam, et ceux-ci travaillent dans 2 800 salins. Toutefois, ces méthodes de production primitives maintiennent le volume de production relativement bas. Étant donné que la commodité et le modernisme des moyens de transport assurent un bon approvisionnement en sel fin au marché local, il y a peu de chance que se perpétuent les techniques traditionnelles de production du sel qui ont été transmises depuis des générations par des femmes naxi.
Yanjing est également le site de la seule église catholique du Tibet. Elle a été construite par un missionnaire français vers la fin du XIXe siècle; au moment de ma visite, elle était en rénovation. Le prêtre de cette église m'a révélé qu'il y a environ 800 catholiques dans le secteur, et que le bouddhisme et le catholicisme coexistent harmonieusement.
Le groupe de travail de Zhao Yuanzhi a séjourné dans le village de Quzeka, en bordure du fleuve Lancang, à environ 10 km de Yanjing. Dans ce village, les sources chaudes abondent; d'après les informations reçues, il y aurait 108 sources dont la température va de 20 à 80 °C. On croit que leurs eaux sont thérapeutiques et elles attirent beaucoup de visiteurs. Un centre de villégiature offrant des services touristiques complets y a été établi.
Grâce à ses riches ressources naturelles et à sa longue tradition culturelle, le district de Markam est considéré comme un coffre aux trésors dans le Tibet du Sud-Est.
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