formation du bouddhisme tibétain
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Le bouddhisme tibétain - II

 

La formation du bouddhisme tibétain

 

Comme nous l’avons déjà mentionné, durant le centenaire allant du milieu du VIIe siècle jusqu’à l’avènement du roi Khride Tsugzam, le bouddhisme ne put s’enraciner au Tibet ; il n’est donc pas question de dire que le bouddhisme tibétain prit naissance à cette époque-là. Il convient de dire que c’était la période de diffusion du bouddhisme au Tibet. Au sens strict, la formation du bouddhisme tibétain commença au milieu du VIIIe siècle sous le règne du roi Khrisong Detsam. C’est à cette époque-là que le bouddhisme prit racine au Tibet et que le rideau de la formation du bouddhisme tibétain se releva.

 

1)     Exploit du roi Khrisong Detsam

 

Khrisong Detsam (755-797) fut un illustre souverain dans l’histoire tibétaine. Il soutint activement la propagation du bouddhisme au Tibet et joua un rôle important dans son enracinement. Certains ouvrages le considèrent comme incarnation du bodhisattva Manjusri. Les croyants l’appellent avec Zhibatsho et Padmasambhava « Trois honorables grands maîtres » et, avec Songtsam Gambo (incarnation d’Avalokitesvara) et Khrirwa Bagyal (incarnation de Vajra), « les trois plus célèbres Rois de la Loi du bouddhisme tibétain ». De nos jours, dans les monastères tibétains, la statue de Khrisong Detsam voisine souvent avec celles de Zhibatsho et de Padmasambhava.

 

Fils de Khride Tsugzam et né en 742 à Zhama, Khrisong Detsam accéda au trône à l’âge de 13 ans et mourut en 797. Durant les premières années de son règne, malgré son intention de soutenir le bouddhisme, il ne put rien faire parce que les dignitaires et les gens du peuple se méfiaient du bouddhisme. Le régent Mashang-Vromsba-rgyaljie s’opposait fermement à la diffusion du bouddhisme. Comme l’indique le lettré tibétain Dunggar Losangkhrilier, « dans les premières années du règne de Khrisong Detsam, Mashang-Vromsba-rgyaljie, ministre nommée par le roi défunt, détenait le pouvoir. Il était un fidèle du bön et détestait le bouddhisme. Il publia un décret disant que la doctrine bouddhiste sur la récompense et la sanction dans une existence ultérieur était absurde et incroyable et que, pour éviter l’oppression des fantômes et des divinités dans la vie actuelle, qui continueraient de pratiquer le bouddhisme se verraient confisquer leurs biens et seraient exilés dans les régions éloignées. Dorénavant, on devrait croire au bön et non au bouddhisme. De plus, les funérailles bouddhiques furent interdites, les statues apportées des régions han renvoyées. Par ailleurs, il ordonna de démolir les salles Lhassa-kagrwa et Gragsma-Tsungsang. Comme la statue de Sakyamuni abritée dans le monastère Jokhang était si lourde que trois cent personnes ne pouvaient la déplacer, elle fut donc couverte de sable, tandis que les autres conservées dans les monastères Jokhang et Ramoche furent détruites ou transportées à Ngari. Les moines han furent renvoyés. Les monastères Jokhang et Ramoche devinrent ateliers et abattoirs. Les boyaux et la peau des animaux abattus furent suspendus pour séchage sur les statues du bouddha mutilées. » On voit par là que la campagne antibouddhiste lancée par les dignitaires à la suite de Mashang-Vromsba-rgyaljie porta au bouddhisme une atteinte des plus graves depuis un siècle, ce qui permit au bön de renforcer sa position dominante au Tibet.

 

Cependant, dès qu’il eut atteint l’âge adulte, le jeune roi gouverna lui-même et essaya de remédier à la situation défavorable aux bouddhistes. Il somma le ministre Sangshi de diriger les affaires bouddhiques et de traduire des soutras bouddhiques. Mais ses efforts se heurtèrent aux perturbations des Mashang Zhongbajie. Dans ces circonstances, le roi envoya Sangshi à Mangyu (aujourd’hui Jilong, dans la préfecture de Shigatse) collaborer avec l’ancien ministre Sba-gsal-snang qui s’était évadé dans cette région pour fuir la répression de Mashang-Vromsba-rgyaljie, dans le but de redresser la position du bouddhisme. Avec l’aide des ministres pro-bouddhistes, le jeune roi extirpa Mashang-Vromsba-rgyaljie et les autres hauts fonctionnaires anti-bouddhistes, enlevant ainsi les obstacles qu’ils avaient dressés.

 

Par ailleurs, Sba-gsal-snang et d’autres cherchaient à introduire des canons bouddhiques de l’extérieur. Lorsqu’ils se rendirent en Inde en pèlerinage, ils rencontrèrent au Népal le grand maître indien Zhibatsho, alias Jingming, qui leur indiqua la voie de développement du bouddhisme au Tibet. Zhibatsho, originaire du Bangladesh, fils du roi Sahuor, était un prêtre de grand renom en Inde, qui se fit moine au temple Nalanda auprès de Jnanagarbha, grand prêtre de l’école du madhyamika. Lui, son maître et son disciple Kamalasila étaient reconnus comme les trois grands prêtres du madhyamika. Sba-gsal-snang proposa au roi d’inviter Zhibatsho au Tibet pour propager le bouddhisme. Le roi l’approuva. A son arrivée à Lhassa, le prêtre indien fut accueilli par le roi lui-même. Durant son séjour, il enseigna les Décrets sur les dix bonnes actions et les Dvadasangapratityasamutpada et expliqua leur origine. Mais plusieurs mois après, le Tibet subit une calamité naturelle sans précédent. Le palais Vphang-thang, dans la région de Samye, fut détruit par les inondations, la Salle du Bouddha du mont Dmarpori à Lhassa fut frappée par la foudre, les récoltes furent détruites par la grêle, et une épidémie de peste se propagea. Ainsi, la plupart des dignitaires et les gens du peuple pensaient que tout cela résultait de la diffusion du bouddhisme. Ils se demandèrent conjointement au roi de renvoyer le bouddhiste indien. Dans ces circonstances, le roi concéda. Zhibatsho dut rester en Inde. Mais à son départ, il proposa au roi un autre grand moine du nom de Padmasambhava.

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  • L'islam [223]

  • Les différentes lignées du bouddhisme tibétain [863]

  • Le développement du bouddhisme tibétain [367]

  • La religion bön [273]

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