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Le bouddhisme tibétain - III
Le développement du bouddhisme tibétain
Les opinions sont partagées sur le début de la seconde période de prospérité du bouddhisme tibétain. Certains estiment qu’elle date de soixante-dix ans après la campagne lancée par Nangdama, mais d’autres la fixent à cent ans après ce désastre qui eut lieu en 841. Cependant, on peut tout de même confirmer que la seconde période de prospérité commença au début ou au milieu du Xe siècle. Comme l’a dit le grand moine de la lignée Gélug, Sumbha-yeshes-dpalvbyor (1708-1788), « depuis la campagne antibouddhiste lancée par le roi Nangdama et sous la domination de son fils Hod-srung et de deux autres souverains, toutes les activités de diffusion et le rituel du bouddhisme étaient interdits. Mais des soi-disant « arhat-arya » vêtus d’un kasaya avec col menaient en secret des activités religieuses en été et ils récitaient des fragments de soutras lors des funérailles. En outre, certains bouddhistes pratiquaient furtivement à la maison, étudiant les livres de l’école ésotérique qu’ils avaient cachés malgré les risques. Ils enseignaient oralement à leurs enfants ou adeptes la doctrine du gsang-sngags en cachette. Mais souvent ils commettaient des erreurs et des oublis en prenant les dogmes du bön pour des préceptes bouddhiques, de sorte que la transmission de la doctrine était loin d’être complète et que le principe du Pureté de l’école du gsang-sngags fut abandonné. »
Bien que la propagation du noyau de la doctrine du bouddhisme fût interrompue par la campagne lancée par Nangdama, les pratiquants qui ne portaient pas de kasaya continuèrent à étudier le gsang-sngags à la maison et firent tout leur effort pour protéger les monastères, les salles du Bouddha, les soutras et les statues, jetant ainsi une solide base pour la continuation et le redressement du bouddhisme tibétain. Lorsqu’un grand nombre de croyants reçurent les préceptes pour devenir bhiksu et que la construction de temples fut entreprise sur une grande échelle, une nouvelle période de prospérité commença. En réalité, la tenue régulière de cérémonies d’admission de nouveau bhiksu marquait la réimplantation du bouddhisme sur le plan organisationnel. Par ailleurs, un groupe de bhiksu organisé constitua la force d’ossature et le noyau dirigeant sans lequel le redressement et le développement du bouddhisme auraient été hors de question. D’après les documents tibétains, au Xe siècle, beaucoup de Tibétains se firent moines et un grand nombre de monastères d’élevèrent de nouveau. Ce qui se déroula d’abord dans le Bas-Amdo et le Haut-Ngari est appelé par les historiens « la Renaissance dans le Bas-Amdo » et « la Renaissance dans le Haut-Ngari ». Ce fut le début de la seconde période de prospérité du bouddhisme tibétain.
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