|
Le bouddhisme tibétain IV
Les différentes lignées du bouddhisme tibétain
Le bouddhisme tibétain se propagea sur une grande échelle en Chine, avec beaucoup de lieux de culte et un grand nombre de fidèles. Il eut une grande influence sur les Tibétains dans les domaines politique, économique et culturel et une certaine influence sur d’autre ethnie habitant les régions voisines.
Avant 1951, année de la libération pacifique de Tibet et même jusqu’à l veille de la réforme démocratique en 1959, le Tibet était une société basée sur le servage féodal et caractérisée par l’union du gouvernement et de la religion. A cette époque-là, le bouddhisme tibétain disposait de la population sur le plan idéologique et le clergé intervenait directement dans les affaires politiques, économiques et culturelles, outre passant les limites de ses fonctions. A la suite de la réforme démocratique en 1959, le servage féodal fut renversé, le système religieux réformé ; le gouvernement et la religion se séparèrent et tout le monde jouissait de liberté religieuse. Tout cela a permis aux populations tibétaines de s’émanciper réellement et de façon sans précédent tant sur le plan idéologique et culturel qu’en ce qui concerne la production et la vie courante. Avant la réforme démocratique, on comptait au Tibet 2 711 monastères relevant des différentes sectes, 114 103 bonzes et bonzesses (y compris environ 4 000 sprul-sku), soit quelque 10 % de la population de toute la région autonome. Dans les autres régions peuplées de Tibétains en communautés compactes, le nombre des bonzes et bonzesses représentait à peu près le même pourcentage. Par exemple, dans la province du Qinghai, 722 monastères et 57 647 bonzes et bonzesse (comprenant 1 240 sprul-sku) ; dans la province du Sichuan, 747 monastères et 93 700 moines ; dans la province du Gansu, 369 monastères et 16 900 fidèles (y compris 310 spyul-sku) ; dans la préfecture autonome de Deqen, province du yunnan, 24 monastères et 3 233 bonzes et bonzesses (34 sprul-sku compris). Sans compter le Xinjiang et la Mongolie intérieure, le total atteignait 4 573 monastères et 285 583 moines, un pourcentage vraiment élevé. Sur le plan économique, les bonzes, qui étaient en grand nombre et qui ne travaillaient pas, constituaient sans aucun doute une pression assez importante sur les agriculteurs et les pasteurs du Tibet et des autres régions.
Après la réforme démocratique, la religion se sépara du pouvoir politique au Tibet et devint une affaire purement personnelle. Il s’agit là d’une profonde réforme dans l’histoire du bouddhisme tibétain. Selon les statistiques de 1965, le nombre des monastères fut réduit à 553 et celui des bonzes et bonzesses à 6 913. la politique adaptée par le Parti communiste chinois dans les affaires ethniques et religieuses était essentiellement conforme aux conditions des régions peuplées de Tibétains. Elle libéra les forces productives sociales et satisfit les besoins des croyants en matières de vie religieuse. Bien que la Révolution culturelle (1966-1976) ait porté atteinte à la politique de liberté religieuse et blessé l’âme des pratiquants, la politique de réforme et d’ouverture mise en application depuis 1978 a redonné à tous les bouddhistes leurs pleins droits de croyance religieuse. Par la suite, un élan vigoureux de restauration des monastères se dessina dans ces régions. Les Tibétains éprouvent toujours un profond attachement au bouddhisme et beaucoup optent pour la vie monacale.
Actuellement, le bouddhisme tibétain se trouve dans une période de sain développement. L’administration, les activités et la discipline monastique ont atteint la maturité complète et la stabilité. Selon des statistiques récentes, dans les régions peuplées de Tibétains, on compte maintenant 2 769 monastères du bouddhisme tibétain, soit plus de la moitié du nombre d’avant la réforme démocratique en 1959. De ces monastères, 1 460 appartiennent à la lignée Gueloug qui est aujourd’hui la plus forte et la plus répandue du bouddhisme tibétain. Ses trois grands monastères à Lhassa : le Gandain, le Drepung et le Sera, sont considérés par les croyants comme hauts lieux du bouddhisme. Le monastère de Trashilunpo à Shigatse, résidences des Panche-lamas, occupe une position très haute chez les croyants. Le monastère de Champaling, situé à Chamdo, était la résidence des sprul-sku Vphgas-pa-lha ;le monastère de Ta’er dans le district Huangzhong, province du Qinghai, est le lieu de naissance de Tsong Khapa, fondateur de la lignée Guéloug. Le monastère Labrang est la résidence des spyul-sku Vjam-dbyang. En somme, la secte Guéloug a une influence non seulement sur la population de la région autonome du Tibet, mais aussi sur les Tibétains du Qinghai et du Gansu.
Le Nyingmapa, la deuxième grande lignée du bouddhisme tibétain, dispose de 753 monastères dispersés au Tibet, au Sichuan, au Qinghai, au Gansu et au Yunnan. Son centre d’activité est à Garze et à Ngawa, dans la province du Sichuan, où l’on trouve notamment les monastères Kathok, Pelyul, et Dzogchen. Au Tibet, lieu d’origine du Nyingmapa, les monastères Mindreuling et Gtorgyegrwa étaient ses principaux. Le Nyingmapa a beaucoup d’influence en particulier sur les masses.
La lignée Kagyu possède maintenant 366 monastères. Outre le Tibet, la préfecture du Yushu au Qinghai est un autre centre de son activité. Classé après le Guélougpa et le Nyingmapa, le Kagyupa reste une lignée importante du bouddhisme tibétain.
Le Sakyapa dispose aujourd’hui de 141 monastères. Centrée sur le monastère Sakya, cette lignée est particulièrement active au Tibet même.
La secte Jonang a 37 monastères. Elle est surtout active dans les préfectures de Ngawa au Sichuan et de Golog au Qinghai. Le monastère Zamtang est son principal lieu de culte.
Les sectes Gedang, Xigyai, Joryu et de Xalhu n’existent actuellement que sur le plan théorique. En effet, leurs organisations ont disparu il y a bien longtemps.
[1] [2] [3] [4] [5] [6] [7] [8] [9] [10] [11] [12] ??? |