L'utilisation des sols
L'utilisation des sols

Des rudes hauteurs arides au nord et à l'ouest, situées à une altitude allant de 4 500 à 8 800 m, où la végétation est rare, le plateau tibétain s'abaisse progressivement vers le sud-est. Comme l'on peut s'y attendre, étant donné la raideur du plateau et les altitudes très élevées, le paysage, le climat et la végétation varient fortement entre le haut plateau froid près de l'Himalaya, le plateau de steppe aride au nord, et les conditions tropicales humides du sud-est. Les forêts denses abondent dans le sud-est le long des vallées basses des fleuves comme le Yalungtsangpo, le Salouen et le Yangtse. Une grande partie des plaines restantes convient particulièrement à l'élevage et aux pâturages.

 

Les pâturages

 

Le Tibet abonde en terrains de pâture. Ceux-ci composent 70 % de la superficie totale de la région. Les principaux types de pâturages comprennent des prés de type alpin, des terrains d'arbrisseaux de montagne, des bois clairsemés de montagne et des déserts de montagne. Plus de trois quarts de ces terres sont consacrées aux pâtures où vivent quelque 70,2 millions d'animaux (chiffres de 1987 pour toute la province). L'altitude moyenne des pâtures est supérieure à 4 000 m. Celles qui se situent au-delà de 4 800 m ne sont utilisées que l'été.

 

Au cours des dernières décennies, l'intervention de l'homme a entraîné un appauvrissement de ces sols qui ne supporteraient pas d'être utilisés de telle façon à long terme. La cause principale de cette dégradation est le surpâturage provoqué par la mise en culture des bas pâturages d'hiver ou leur utilisation à d'autres fins. Des expériences ont été tentées sur ces terres, telles la pose de clôtures, l'ensemencement artificiel, le contrôle ou l'élimination d'animaux sauvages, sans grand succès cependant. Dans certains cas, de telles interventions, bien que destinées à revaloriser les terres, n'ont fait qu'aggraver le problème.

 

Les forêts

 

Bien qu'une grande partie du pays soit située à une altitude supérieure à 4 000 m, trop élevée pour permettre une croissance réelle, le Tibet possède des forêts naturelles étendues dans des régions plus basses. On trouve des arbres jusqu'à une altitude de 3 800 m environ au sud, où le climat est humide, et de 4 300 m au nord, où le climat est semi sec. En 1985, la surface boisée était estimée à environ treize millions d'hectares, soit 5 % de la superficie totale. On a estimé qu'en 1950, les forêts recouvraient 9 % de la superficie totale du pays.

 

Dans un grand nombre de régions, telles les vallées inaccessibles du Tsangpo autour de Medog, ou du Salouen et du Gyalmo Ngulchu à l'est, les vieilles forêts, denses, aux arbres deux fois centenaires, forêts aux cycles rentables de coupe étaient inconnues jusqu'aux années 50. La construction de routes et d'infrastructures forestières dans des régions inaccessibles, qui constituent 50 % de la région du Kham, et 85 % de ce qui reste des forêts au Tibet, a changé radicalement le mode d'exploitation des forêts au long des années 1980.

 

Les terres cultivables

 

Les terres cultivées se concentrent dans les vallées humides et irriguées du Kham, la basse vallée du Tsangpo et sur les pentes les plus basses dans le bassin du Fleuve Jaune de l'Amdo oriental. La surface totale cultivée est estimée à occuper un peu plus de 2 % de la superficie totale. Une grande partie de ces terres se situe dans le Kham, qui comprend plus de 85 % des terres arables de la région tibétaine. Dans le Tibet, la région la plus étendue, les terres qui conviennent aux cultures sont concentrées dans une petite région le long des fleuves Lhassa, Yarlung et Tsangpo. Les terres cultivables du Tibet totalisaient seulement 210 000 hectares jusqu'en 1959. Des estimations récentes indiquent qu'à la suite de l'extension de l'agriculture à des pentes marginales et à des régions de pâturages, les terres cultivées recouvraient 360 000 hectares, soit 0,3 % de la superficie de la province en 1991. Le taux de mise en culture est ici plus faible que dans le Kham à cause des températures plus basses et des altitudes plus élevées.

 

Traditionnellement, la principale culture est l'orge d'altitude, quoique aujourd'hui l'on cultive de plus en plus de blé selon les directives gouvernementales. On cultive également des pois, du riz, du colza et des fourragères. Le rendement par hectare varie beaucoup ; bien que faible dans certaines régions, il est plus élevé que le rendement moyen de certains pays froids comme la Russie ou le Canada pour l'orge et, dans une certaine mesure, le blé d'hiver. La région du Tibet détient le record mondial de la plus forte production de blé par hectare.

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