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L'assujettissement du Tibet à l'Empire du Milieu remonte au déluge. Avant l'ère chrétienne déjà, ses ancêtres ont eu des contacts avec les Hans, aujourd'hui la plus grande ethnie de la Chine, qui vivait alors sur les Plaines centrales. Les Tibétains, divisés en plusieurs tribus à l'époque, étaient répartis sur le Plateau du Tibet. C'était après de longues années que ces nomades étaient unifiés sous un royaume tibétain.
Les archives remontent les échanges officiels entre les Han et les Tibétains à la dynastie des Tang (618-907) âge d'or de l'Empire du Milieu. Désireux d'entretenir les relations de bon voisinage avec les Tang, Songtsan Gambo, fondateur du royaume tibétain des Tubo, envoya un de ses ministres à Chang'an, capitale des Tang, pour demander en mariage une princesse chinoise.
Son désir exaucé, le prétendant épousa en 641 la princesse Wencheng, fille de l'empereur Taizong. Cette union conjugale permettait au Tibet de s'introduire de nombreuses techniques de fabrication telles que la distillation alcoolique, la papeterie, etc. Entre-temps, l'empereur des Tang lui conféra plusieurs titres nobles comme « Prince consort de Duwei », « Prince de Xixia »...
En 710, une autre princesse des Tang, Jincheng, se maria avec le roi Chide Zugdan, un descendant de la famille des Tubo. Elle apportait en dot une dizaine de milliers de pièces de brocart, des livres techniques et des articles d'usage courant.
En 821, le roi des Tubo demanda à trois reprises une alliance avec les Tang. Leur alliance fut scellée finalement sous le règne de l'empereur Changqing (822-823) des Tang.
458 ans après, en 1279, les Mongols unifièrent la Chine, fondant la dynastie des Yuan (1271-1368). Le Tibet fut alors une des régions administratives sous la juridiction du gouvernement central de Yuan. Le fondateur des Yuan Kubilay créa en 1284 un conseil national d'administration du bouddhisme, dont faisait partie le Tibétain Phagspha, précepteur impérial. Ce dernier établit un commandement chargé des affaires militaires et politiques du Tibet. Sous ce commandement, furent créées wanhu, qui comprend chacun dix mille foyers, et qianhu regroupant chacun mille foyers, les chefs des deux unités ayant des responsabilités administratives. En récompense de ses services, Kubilay attribua l'année suivante à Phagspha le double titre de « Grand roi bouddhique » et de « Premier précepteur impérial ». Phagspha eut ainsi le pouvoir de nommer des fonctionnaires tibétains et les chefs des 13 wanhu pour administrer les affaires locales.
La dynastie des Yuan, renversée en 1368 par les insurgés Han, céda la place à la dynastie des Ming (1368-1644). La dernière hérita de la première le pouvoir d'administration au Tibet. Les Ming maintinrent en principe les dénominations et les grades de la fonction en usage sous les Yuan. Ils instaurèrent deux commandements avec un cantonnement pour diriger les affaires militaires et civiles dans les deux parties, est et ouest, du Tibet, appelées Qamdo et Ngari. Etant donné que la religion et l'administration ne faisaient qu'un au Tibet et que chaque secte religieuse domaine une contrée, l'empereur Chengzu, troisième souverain des Ming, en vue de mieux dominer la région, décerna de divers titres à tous les chefs religieux.
Le Dalaï-Lama et le Panchen Lama, qui incarnent deux lignées de bouddha vivant, font partie de l'école Gelugpa du bouddhisme tibétain, née sous les Ming.
En 1644, les Mandchous fondèrent la dynastie des Qing (1644-1911), à la place des Ming. L'empereur mandchou, en vue d'afficher son autorité sur le Tibet, consacra officiellement en 1653 le Dalaï-Lama et en 1713 le Panchen Lama, confirmant ainsi leur statut tant religieux que politique au Tibet. En 1727, il y envoya deux ministres, qui, au nom des autorités centrales, surveillaient en permanence les travaux de l'administration locale. En 1793, la dynastie des Qing promulgua les « Règlements administratifs du Tibet, approuvés par Sa Majesté », qui stipulaient dans un article que le gouvernement des Qing ddétenait le pouvoir d'entériner les enfants-incarnations trouvés après les décès des grands bouddhas vivants, y compris le Dalaï-Lama et le Panchen Erdini.
Le premier janvier 1912, le président par intérim de la République de Chine, Sun Yat-sen, a déclaré dans son discours d'investiture que « Notre unité nationale signifie que nous sommes un pays comprenant des territoires habités de Han, de Mandchous, de Mongols, de Hui, et de Tibétains et que ces communautés ethniques sont unies comme un seul homme ». La Constitution provisoire de la République de Chine, adoptée en mars de la même année à Nanjing par le Sénat, stipulé que le Tibet fait partie de la République de Chine. Dans le préambule de la Constitution provisoire, le premier article indique que sous la République de Chine, le gouvernement central gouverne le Tibet comme l'avaient fait les dynasties des Yuan, des Ming et des Qing. Le 13e Dalaï-Lama et le 9e Panchen Erdini participèrent, en leur qualité de représentant officiel, au gouvernement national de Nanjing, formé en 1927 par le Kuomintang et à l'Assemblée nationale convoquée en 1931.
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